Photo : Service de presse du Président de la Fédération de Russie
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Un président romanesque

juil./août 2018

Il faut bien entendre les interventions du chef de l’État, jusqu’à ­l’entretien littéraire accordé à Michel Crépu et Alexandre Duval-­Stalla pour la Nouvelle Revue française [1]. Comme candidat, il s’était peut-être essayé à parler aux Français comme doit leur parler un homme politique, en adoptant un langage cauteleux et dénué d’âme, mais en vain. Comme chef de l’État, ce n’est pas non plus le langage pondéré ou solennel qui lui sied tout à fait. Par un certain ton assumé et un peu grandiloquent, par l’accent qu’il place sur tel mot plutôt que tel autre, par les figures littéraires dont il use, c’est dans le monde des lettres et de la philosophie qu’il puise son imaginaire. Il est descendu dans l’arène politique, il a vu et a vaincu. Lui-même s’étonne avec quelle facilité. Alors, face aux journalistes et à la classe politique, son regard se déporte discrètement ailleurs, et il continue de s’adresser à ceux qu’il a quittés. D’où le malentendu perpétuel. Ils le disent arrogant. Mais le débat télévisé face à Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin pr

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Camille Riquier

Maître de conférences en philosophie à l’Institut catholique de Paris, il a publié en 2017 Philosophie de Péguy ou les mémoires d’un imbécile aux PUF. Il est membre du Conseil de rédaction d’Esprit.

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Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.