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Dans le même numéro

Qu’est-ce qu’un peuple européen ?

entretien avec

Céline Spector

Dans son livre No demos ?, Céline Spector défend l’idée d’une souveraineté partagée entre le niveau local et le niveau fédéral. Le peuple européen émergerait alors par l’association de peuples libres et égaux, qui se donnent des normes communes pour affronter ensemble ce qu’ils ne peuvent surmonter seuls.

Philosophe, professeure de philosophie politique à Sorbonne Université, vous êtes spécialiste de la philosophie des Lumières et de son héritage, et plus particulièrement de Montesquieu. De longue date vous pensez également la démocratie dans le cadre de l’Europe, dont vous avez notamment fait une généalogie intellectuelle1. Votre dernier livre prolonge une partie de ces réflexions pour évoquer les évolutions politiques de l’Union européenne aujourd’hui2. Vous y plaidez pour une transformation possible et même nécessaire de l’Europe, dans le sens d’une intégration plus poussée. À l’heure du Brexit et de la force de séduction des discours nationaux-populistes à la Viktor Orbán, et alors que le début de la campagne électorale française a plutôt donné lieu à une surenchère de propos souverainistes, estimez-vous être à contre-courant ? Comment interprétez-vous ce moment européen ?

Je pense que nous vivons un moment hamiltonien. Il y a un vrai kairos, un « moment opportun ». L’accord trouvé sur le plan de relance européen a marqué une étape importante. L’Allemagne, notamment, a beaucoup évolué et un alignement des astres a eu lieu au printemps dernier. Dans le même temps, pour les pays d’Europe centrale et orientale qui ont récemment recouvré leur souveraineté, la perspective d’une fédéralisation accrue s’apparen

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Céline Spector

Professeur de philosophie à l'université de Paris-Sorbonne et membre de l'Institut universitaire de France, elle a récemment publié Rousseau et la critique de l'économie politique (Presses universitaires de Bordeaux, 2017).

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.