Périclès prononçant son oraison selon le peintre allemand Philipp Foltz.
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Démocratie et libéralisme : deux inventions de l'Europe

À quelques semaines des prochaines élections au Parlement européen, nous inaugurons la publication d’une série d’articles consacrés à « l’idée d’Europe ». Issus d’un séminaire d’initiation à la philosophie politique organisé par l’École nationale de la magistrature en partenariat avec l’Institut des hautes études sur la justice et la revue Esprit, ces différents textes s'efforcent de retracer la genèse et le développement de l’Europe comme forme politique, et d’interroger les figures, les concepts et les débats qui permettent aujourd’hui de penser son avenir. Dans cette première livraison, Lucien Jaume revient sur le double héritage de la cité grecque et de la philosophie politique du XVIIIe siècle, pour caractériser un certain « esprit européen ».

L’intitulé de ce séminaire[1]me convient particulièrement dans sa perspective, car l’idée d’Europe renvoie à la question de l’existence d’un esprit européen, ou sens commun européen, pouvant se définir par opposition à la notion d’identité européenne[2]et par affinité à la démocratie et au libéralisme politique.

L’invention de la démocratie à Athènes (et dans d’autres cités grecques) a consisté à promouvoir, en théorie, la liberté et l’égalité des citoyens. Comme Aristote le montre de façon précoce et très claire, si la démocratie ne se donne pas de limites, la puissance du peuple (le kratos) peut s’exercer jusqu’à la détruire. La hantise, par exemple, du leader trop populaire, hantise symbolisée par l’institution de l’ostracisme, est caractéristique d’une conscience de ce risque[3].

Par la suite, l’Europe a continué cette interrogation sur les moyens de préservation du gouvernement de la liberté : le « libéralisme politique »[4]

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