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Civiliser la peine

novembre 2016

#Divers

Alors que les conditions de détention se dégradent, les politiques publiques oublient la question de la réinsertion sociale des détenus pour ne suivre qu’une logique comptable et l’obsession du djihadisme.

Dans Paris reposait cette grande prison, où s’entassaient des milliers d’hommes vivant dans des conditions effarantes ; du drame en conserve, comprimé au fond des cellules, tassé un peu comme l’on tapote sur le sol un sac pour l’emplir davantage1.

Depuis ces lignes publiées en 1957, à l’aube d’une République qu’on dit aujourd’hui parfois usée, la prison ne semble guère avoir changé. Si celle de la Santé est en sommeil, objet d’une rénovation au coût polémique et ses occupants relogés hors de la ville, la prison, tant lieu qu’institution, semble demeurer la boîte noire des sociétés démocratiques libérales avancées. Hormis parfois certains artistes2, de chétives associations ou des intellectuels catholiques3, fidèles à l’idée de rédemption, peu s’emparent de la question carc�

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Cyrille Duvert

Avocat , maître de conférences en droit à l'université de Paris 13, il est notamment l'auteur de Différenciation et indifférenciation des personnes dans le Code civil. Catégories de personnes et droit privé, 1804-2004 (codirection avec Natacha Sauphanor-Brouillaud et Pascale Bloch), Editions Economica, Collection Etudes juridiques, 2006.…

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« Nos prisons » sont celles dont nous portons collectivement la responsabilité : contre l’indignité des conditions de détention, en dépit de maigres ressources et face au défi du terrorisme. A l’encontre des perspectives sécuritaires, il importe aujourd’hui de promouvoir la réinsertion sociale des détenus et de renouveler le sens de la peine.