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Les fantômes de Praxitèle

août/sept. 2007

Le titre est simple, direct et sans prétention : Praxitèle. Mais il ne faut pas s’y tromper. L’exposition que nous offrent au Louvre Alain Pasquier et Jean-Luc Martinez fascine à plus d’un titre. On en ressort sous le coup d’une sensation ambiguë qui perdure. On n’a pu voir aucune œuvre de la main du maître athénien (sauf une, peut-être ?) et pourtant on l’a côtoyé longuement dans un défilé de copies semblables et différentes, chacune n’étant ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.

Où est donc passé Praxitèle ? Il est présent sans être là ; constamment invoqué, son esprit plane sans jamais s’incarner définitivement. Faisons-nous une raison : de lui, sur lui, on ne possédera aucune certitude avant longtemps, sauf découverte miraculeuse, par définition imprévisible. On en vient presque à envier le xixe siècle, avec ses rêveries antiquisantes. C’était le bon temps : toute une société fantasmait à l’unisson sur le couple Phryné-Praxitèle. Pensez : l’artiste et la courtisane … Littérateurs, peintres et sculpteurs rivalisaient d’ardeur pour combler d’images faciles l’obsession du sexe et la misogynie profonde de l’époque. En même temps, dans la

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