Photo : Chau Cédric
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Les banlieues, laboratoires politiques de la France

Les banlieues subissent une dépolitisation d’où peut émerger une dilution dans la marche libérale-consumériste de la société française (entrepreneuriat et cultures urbaines) ou bien un repli sur soi communautaire (religieux ou indigéniste).

En 2006, un an après les émeutes que beaucoup de témoins de l’époque, essentiellement à gauche, se plaisaient à qualifier de «révolte sociale», le sociologue Gérard Mauger publiait au contraire L’Émeute de 2005. Une révolte protopolitique[1]. Si, justement, l’émeute n’avait pas vraiment été une révolte véritable, c’est qu’elle n’avait trouvé ni moyen d’expression accepté comme tel, ni leader, ni revendication, ni débouché politique.

C’est que les banlieues, comme le reste de la France mais en avance sur elle, sont le laboratoire d’une dépolitisation certaine. Le lieu d’événements parfois violents, résidus d’une longue succession d’échecs et d’impasses politiques. Événements desquels émergent à la fois des substituts à la politique comme mode de régulation de la société, et sans doute des manières de s’engager précurseurs d’une transformation profonde de l’ensemble de la société française. Car on peut interpréter ces émeutes comme un moment pivot de l’histoir

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Erwan Ruty

Directeur du Médialab93 et ancien rédacteur en chef de Presse & Cité.

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