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Éditorial : Algérie. S'autoriser à espérer ?

par

Esprit

avril 2019

Les manifestations se suivent et ne se ressemblent pas. En France, les Gilets jaunes persistent et l’affrontement entre casseurs et forces de l’ordre se durcit. Ils côtoient désormais les marches pour le climat, qui s’étendent dans toute l’Europe, grâce à l’enthousiasme communicatif d’une jeune Suédoise, Greta Thunberg, et aux initiatives de lycéens, d’étudiants, d’associations et organisations diverses. Et voilà que nous parviennent maintenant les images des manifestations en Algérie : des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue chaque vendredi, depuis un mois, pour protester contre la volonté du président Bouteflika – ou de son entourage ? – de solliciter un cinquième mandat.

De ces rassemblements monstres à Alger comme dans tout le pays (et aussi en France) montent des slogans, des affiches, des chansons : images, paroles et sons d’une foule joyeuse, multiple et pourtant unie, portée par une fierté et un espoir retrouvés. Des rassemblements pacifiques aussi, où les manifestants nettoient les rues après leur passage, où les plus jeunes aident les plus âgés dans la foule, où les gens rient et se moquent d’un pouvoir cacochyme. Dans un pays que l’on a voulu contrôler par la peur, les quelques espaces coll

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Esprit

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« Lancer l’alerte », un dossier coordonné par Anne-Lorraine Bujon, Juliette Decoster et Lucile Schmid, donne la parole à ces individus prêts à voir leur vie détruite pour révéler au public des scandales sanitaires et environnementaux, la surveillance de masse et des pratiques d’évasion fiscale. Ces démarches individuelles peuvent-elles s’inscrire dans une action collective, responsable et protégée ? Une fois l’alerte lancée, il faut en effet pouvoir la porter, dans un contexte de faillite des espaces traditionnels de la critique.