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Le mensonge n’est pas dans les discours, mais dans les choses.

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Qui n’en mange pas ? La question n’est pas du tout rhétorique. Le sushi est socialement sélectif. Le sushi séduit le yuppie. En France surtout puisque, de toute l’Europe, les Français figurent au palmarès des consommateurs de sushis, à commencer par les Parisiens et autres habitants de grandes villes, et parmi eux, les plus actifs, les plus diplômés, les plus aisés. Pour ces citadins-là, une enseigne comme Sushi Shop s’offre les services de chefs étoilés (Jean-François Piège, Thierry Marx). Que signifie l’engouement pour ce mets petit, sain, délicat, fade, mobile ?... Les raisons du sushi, les voici.

Loin, très loin de notre culture gastronomique, que structurent viandes mijotées, pain à rompre et plats généreux (gigot, gratin dauphinois, tarte Tatin), le sushi ne nous attire pourtant pas par son exotisme. Non, c’est avant tout sa neutralité qui nous séduit. À nos papilles occidentales habituées aux riches assaisonnements, cet agglomérat mignon d’algues, de poisson cru et de riz blanc offre une

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Ève Charrin

Journaliste pour la presse économique, elle a vécu en Inde et en Belgique. Elle s'intéresse à l’expérience contemporaine de la globalisation, notamment à ses expressions littéraires, et au contraste des imaginaires qui s’y échangent.   Elle a publié L’Inde à l’assaut du monde, Paris, Grasset, 2007 et La Voiture du peuple et le sac Vuitton. L’imaginaire des objets, Paris, Fayard, 2013.…

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