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Procès des attentats de Paris, salle temporaire construite dans la salle des pas perdus du Palais de justice de Paris. Photo de Tiraden via Wikimédia (CC BY-NC-SA 2.0)
Dans le même numéro

Djihadisme et démocratie

Pour une convention citoyenne sur la violence politique

Pour comprendre le phénomène du djihadisme, il est capital de quitter le régime simplificateur du temps court, de l’opinion et de l’anathème. L’ouverture d’importants procès liés aux attentats terroristes est peut-être l’occasion d’organiser une convention citoyenne sur la violence politique.

Confusion des termes, raccourcis intellectuels et instrumentalisations politiques sont le lot commun du débat public sur le phénomène djihadiste. Il y a pourtant urgence à installer durablement les conditions d’un débat plus rationnel car, lorsque la peur et l’incompréhension montent, c’est le terrorisme qui gagne. La litanie des polémiques montre à quel point on tend aujourd’hui à confondre le djihadisme avec les prises de position ou les émotions qu’il suscite. Pour saisir collectivement l’ampleur du phénomène djihadiste, il nous paraît utile de construire un cadre de compréhension et d’expression qui, aujourd’hui, n’existe pas. Le contexte international rend la construction de ce cadre d’autant plus urgente que la reconquête de l’Afghanistan par les talibans fait craindre l’apparition, comme au début des années 2000, d’une nouvelle terre d’accueil pour les organisations djihadistes.

Le régime du temps court et de l’anathème

Le débat public sur la question djihadiste demeure l’otage d’acteurs politiques, d’experts autoproclamés et d’éditorialistes qui s’expriment dans le cadre particulier du temps court de l’élection, des plateaux télévisés ou des réseaux sociaux. Une telle structuration de l’argumentation favorise le jeu des affects, la surexpression des émotions, le temps chaud du fait divers, ainsi qu’une culture du clash qui génère du clic et de l’attention, en faisant passer la mise en scène d’opinions irréconciliables pour du pluralisme int

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Fabien Truong

Professeur de sociologie à l’université de Paris 8, il est notamment l’auteur de Loyautés radicales (La Découverte, 2017).

Loïc Le Pape

Maître de conférences en science politique, il est notamment l’auteur d’Une autre foi (Presses de l’université de Provence, 2015).

Pierre Puchot

Journaliste indépendant, il a notamment dirigé Islam et politique (Tempus Perrin, 2019).

Dans le même numéro

La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.