Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Photo : Christian Lue via Unsplash
Photo : Christian Lue via Unsplash
Dans le même numéro

L’imprévoyance allemande

La gestion allemande de la crise sanitaire interroge nos manières de concevoir l’État démocratique. Le manque de vision des dirigeants, la fragmentation des acteurs et la lourdeur administrative ont réduit l’État à une politique réactive, qui recompose l’illusion d’une vision stratégique en multipliant les succès à court terme.

Mesurer l’impact de la crise sanitaire sur la dynamique de nos démocraties semble, à ce jour, difficile : la crise n’est pas terminée. On peut tout au plus tenter de tirer les premières leçons des différents épisodes pandémiques déjà traversés.

Le cas de l’Allemagne semble particulièrement intéressant, parce que c’est un pays situé au centre de l’Europe, qui entretient des relations intenses avec les autres pays, et qui est connu pour sa structure fédérale et son État-providence. Pourtant, il est difficile de dire si l’Allemagne constitue un cas paradigmatique. Une question doit néanmoins être posée, celle de la possibilité d’une politique d’anticipation des risques. Car l’Allemagne est aussi le pays d’Ulrich Beck, qui a publié en 1986 son livre fameux sur la « société du risque » – un livre qui propose d’interpréter le processus démocratique comme une anticipation, une mutualisation et une allocation des risques1.

L’Allemagne témoigne d’une transformation dans la manière de concevoir l’État démocratique. En effet, la crise sanitaire a remis en question non seulement le fonctionnement mais l’idée même de République fédérale d’Allemagne.

Trois échecs d’anticipation

« On aurait pu l’anticiper ! » C’est une phrase qu’on a souvent entendue en Allemagne depuis le début de la crise de la Covid-19. On peut distinguer trois moments au cours desquels l’étonnement face à l’inco

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Felix Heidenreich

Titulaire d'un doctorat de philosophie consacré à Hans Blumenberg, Felix Heidenreich est chercheur à l’université de Stuttgart depuis 2005. Ses travaux portent sur la philosophie politique, en particulier sur Foucault et Blumenberg. Ses recherches portent sur la théorie politique contemporaine, les interactions entre technologie et culture et la politique culturelle.…

Dans le même numéro

Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.