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Photo : Niki Nagy via Pexels
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Élections allemandes : une bonne et une mauvaise nouvelles

Les élections législatives allemandes ont vu un effacement de la question de l’immigration au profit de celles des retraites, de l’État-providence et du climat. Malgré ce signal positif, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne a recueilli plus de 10 % des suffrages et s’enracine dans le paysage politique.

Bien que la composition du prochain gouvernement de l’Allemagne ne soit pas encore connue, on peut déjà tirer quelques leçons des résultats des élections législatives. La plus importante est que les partis traditionnels peuvent réussir sans flatter les populistes ni courir après les mouvements d’extrême droite.

Commençons par la mauvaise nouvelle : aux élections législatives, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a subi des pertes, mais il a tout de même recueilli plus de 10 % des suffrages. Malgré des querelles intestines constantes et des scandales à répétition, le Parti confirme son inscription durable dans le paysage politique allemand. Mais la bonne nouvelle est que les élections ont fait mentir diverses idées reçues concernant l’extrême droite : les démocraties occidentales ne sont pas condamnées aux guerres culturelles ; les grandes coalitions entre le centre gauche et le centre droit ne renforcent pas nécessairement les extrêmes politiques ; et les partis sociaux-démocrates peuvent réussir sans flatter les passions hostiles à l’immigration ou à l’islam.

Les partis sociaux-démocrates peuvent réussir sans flatter les passions hostiles à l’immigration ou à l’islam.

Pour de nombreux fins observateurs, la politique contemporaine des économies développées se caractérise par une lutte entre les libéraux cosmopolites et les adeptes d’une communauté plus « enracinée » (pour employer la formule l

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Jan-Werner Müller

Titulaire de la chaire Roger Williams Straus de sciences politiques à l’université de Princeton, Jan-Werner Müller a notamment publié La Peur ou la liberté (Premier Parallèle, 2020).

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L’essor sans précédent d’Internet et des nouvelles technologies de l’information a transformé en profondeur le rapport des citoyens à la participation civique. Si elle a permis des progrès incontestables, cette révolution numérique pose également des défis pour la préservation du débat en démocratie. Le bouleversement introduit par le numérique dans la délibération publique semble en effet remettre en cause les exigences traditionnellement associées au débat démocratique, comme l’égalité d’accès, le contrôle public des instances de modération, la fiabilité de l’information ou le pluralisme des courants d’expression. Quelles stratégies adopter pour faire face aux dérives qui touchent aujourd’hui le débat sur Internet ? Le dossier, coordonné par Romain Badouard et Charles Girard, examine la propagation des fausses nouvelles, la mobilisation de nouveaux publics, les pouvoirs de régulations privés et la déstabilisation des cadres juridiques. À lire aussi dans ce numéro : le naufrage moral de l’Église, qui sont les talibans ?, gouverner la pandémie et une rencontre avec Pierre Bergounioux.