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La dislocation du Yémen

décembre 2017

#Divers

À l’exception des reportages publiés dans Le Monde durant l’été 2017, la couverture de la guerre du Yémen en France est rare, ou accaparée par de grands titres sur l’épidémie de choléra et la famine. Les difficultés d’accès au territoire yéménite, qui plus est morcelé, et le peu d’intérêt des grands médias à y envoyer des journalistes ont relégué cette guerre hors des radars de l’actualité. Lorsque le conflit est mentionné, revient inlassablement, dans la bouche ou sous la plume des journalistes, l’expression de « rebelles chiites » pour désigner l’un des belligérants, pourtant allié à celui qui les avait combattus âprement, entre 2002 et 2006, l’ex-président Ali Abdallah Saleh, qui gouverna le Yémen de 1978 à 2012. Il faut cependant se garder de succomber à une grille de lecture paresseuse du conflit qui privilégie le prisme d’une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites, à laquelle se superpose une lutte d’influence entre l’Iran et l’Arabie saoudite alliée aux Émirats arabes unis.

Guerre de succession

Il est peu de dire que l’identité des protagonistes, la nature et les enjeux du conflit restent peu lisibles. La date même de son déclenchement peut aussi faire l’objet de débat. Ainsi est-il courant de dater le début

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Franck Mermier

Anthropologue et directeur de recherche au CNRS, il est notamment spécialiste du Yémen. Ses travaux portent sur l’anthropologie de la ville, les dynamiques culturelles, sociales et politiques dans le monde arabe et la traduction en sciences sociales.

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Les crises que connaît l’Europe (dettes, accueil des migrants, nationalismes) pourraient fonctionner comme des cordes de rappel. Le dossier « Nous, l’Europe et les autres », coordonné par Anne-Lorraine Bujon, défend le projet européen, son identité composite et son approfondissement démocratique.