Lokman Slim en 2012 (DR)
Flux d'actualités

Les traces infinies de Lokman Slim

L’éditeur assassiné avouait que sa pratique du métier d’éditeur à Beyrouth n’était autre que la petite histoire d’une lente désillusion.

Un seul portrait ne pourrait représenter toutes les facettes de la personnalité et des actions de Lokman Slim1. Son combat pour un Liban souverain, débarrassé du confessionnalisme et regardant en face son passé tragique, utilisait en effet de nombreux médiums, dont le livre, l’archive et le cinéma. Monika Borgmann, qui avait créé avec lui UMAM Documentation & Research, a annoncé la continuation de ce projet d’archive dès la semaine qui a suivi son meurtre2. La maison d’édition Dâr al-Jadeed, qu’il avait fondée à son retour de Paris après des études de philosophie à la Sorbonne, poursuit sa mission de renouvellement culturel entamée à la fin de la guerre du Liban, sous l’égide de sa sœur, l’écrivaine Racha Al-Ameer.

Les premières publications de Dar al-Jadeed reflétaient à la fois son exigence intellectuelle et certaines de ses inclinations culturelles et politiques majeures. Lokman Slim avait ainsi traduit le recueil de Paul Celan, Pavot et mémoire (Dar al-Jadeed, 1989), les Aphorismes d’Emil Cioran (Dar al-Jadeed, 1991), mais aussi le livre de Joseph Saadé, Victime et bourreau (Dar al-Jadeed

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Véronique Ginouvès

Ingénieure de recherche au CNRS, elle dirige la phonothèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l'homme (Aix-Marseille université).

Franck Mermier

Anthropologue et directeur de recherche au CNRS, il est notamment spécialiste du Yémen. Ses travaux portent sur l’anthropologie de la ville, les dynamiques culturelles, sociales et politiques dans le monde arabe et la traduction en sciences sociales.