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Dans le même numéro

Les communs anticapitalistes

Par le partage égalitaire des ressources, les communs n’ont rien à voir avec les rapports de production capitalistes. Ils sont les prémices d’une solidarité sociale, au-delà de l’État et du marché. Mais il faut prendre garde qu’ils ne soient récupérés par le capitalisme.

Les communs sont de plus en plus présents dans le langage politique et économique actuel, jusque dans celui des promoteurs immobiliers. La gauche comme la droite, les néolibéraux comme les néokeynésiens, les conservateurs comme les anarchistes emploient ce concept dans leurs interventions publiques. En avril 2012, la Banque mondiale l’a adopté, exigeant que toute recherche conduite par ses équipes ou soutenue par ses financements soit « accessible sous une licence Creative Commons – une organisation non lucrative dont les licences de droit d’auteur respectent la liberté d’accès à l’information permise par Internet1 ». Même The Economist, qui défend pourtant le néolibéralisme, a adoubé la notion, à l’occasion de son éloge funèbre d’Elinor Ostrom, la doyenne des études des communs : « Pour Elinor Ostrom, le monde est plein de bon sens. Les gens, laissés à eux-mêmes, peuvent trouver des manières rationnelles de survivre et de s’entendre entre eux. Bien que les terres arables, les forêts, l’eau douce et les ressources halieutiques de la planète soient limitées, il est possible de les partager sans les épuiser et d’en prendre soin sans se battre. Alors que certains déplorent la tragédie des communs, voyant la pêche et l’agriculture intensives se déployer dans une mêlée générale de cupidités, Mme Ostrom, avec ses éclats de rire et ses chemises colorées, donnait

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George Caffentzis

Professeur émérite de philosophie à University of Southern Maine, il est notamment l’auteur de In Letters of Blood and Fire:Work, Machines and the Crisis of Capitalism (PM Press, 2013).

Silvia Federici

Professeure émérite de sciences sociales à l’université Hofstra, elle est notamment l’autrice de Réenchanter le monde. Féminisme et politique des communs (Entremonde, 2022).

Dans le même numéro

La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.