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Anne Portugal. Le travail sur les cadres. Poèmes

juin 2014

#Divers

Le travail sur les cadres

La lecture d’Anne Portugal déroute. Littéralement. Nous fait sortir de notre route ou routine poétique. C’est d’autant plus troublant qu’elle use d’une langue simple, très simple même. On voit clair à travers les mots qu’elle emploie. Il n’y a aucun mystère dans l’énoncé. Prenons au hasard la page 69 de Définitif bob1, arrêtons-nous sur le premier vers : « Promenade en taxi le ciel change ». Difficile de s’arrêter, d’ailleurs, puisqu’un taxi a tendance à bouger, à s’éloigner, de sorte que nous courons avec lui derrière le complément de sens, de direction, que ne manquera pas d’apporter le vers suivant. Voici justement le vers suivant : « bref il est tout changé ». Pas d’ambiguïté sur le « il » anaphorique, qui semble renvoyer au ciel. On remarque toutefois la défaillance manifeste de la ponctuation. Son absence laisse du jeu au vers, en fin de vers, par quoi commence à s’insinuer le doute. Et si, se demande-t-on, il y avait eu échange de référent en route ? Un taxi peut très bien prendre un autre passager, un taxi surréaliste peut même prendre le ciel en charge. On a déjà vu plus extraordinaire. Désormais, le lecteur se tient

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