Photo : Giammarco Boscaro
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Peut-on faire l’histoire de tout ?

Une tentation post-démocratique se fait jour en histoire qui, contre l’universalisme, prend la forme d’un cloisonnement des savoirs. Mais se donner les moyens de connaître – et d’abord en apprenant les langues – est un viatique plus sûr que la revendication d’appartenances.

Le discours de l’histoire, tel qu’il s’est bâti depuis un millénaire en Occident, n’est ni uni ni cohérent. Il n’est pas vrai qu’en marge de ses conquêtes, l’Occident ait entendu imposer un discours unifié sur le passé du monde, sous l’empire d’une théorie commune. Les Européens étaient encombrés de théories contradictoires entre elles. Sans prétendre donner la liste de tous les modèles de l’histoire qui coexistent en Occident, on peut en donner quelques-uns. D’abord, la croyance dans l’intervention de la Providence divine dans les affaires des hommes. Ensuite, une conception cyclique de la vie des sociétés, sous la forme «grandeur et décadence» ou «décadence et renaissance». Depuis le siècle des Lumières, le dégagement d’une philosophie du progrès de l’esprit humain. Enfin, l’histoire déploie une grande diversité de propositions selon qu’on perçoit l’émancipation comme l’enjeu d’une classe sociale, d’une communauté nationale ou même de l’individu. Si on croise ces façons d’étudier le passage du temps et la pluralité

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Jean-Frédéric Schaub

Directeur d’études à l’Ehess, il est notamment l’auteur de Pour une histoire politique de la race (Seuil, 2015).

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Le dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon et Isabelle de Mecquenem, remet le sens de l’école sur le métier. Il souligne les paradoxes de « l’école de la confiance », rappelle l’universalité de l’aventure du sens, insiste sur la mutation numérique, les images et les génocides comme nouveaux objets d’apprentissage, et donne la parole aux enseignants. À lire aussi dans ce numéro : un inédit de Paul Ricœur sur la fin du théologico-politique, un article sur les restes humains en archéologie et un plaidoyer pour une histoire universaliste.