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Mosquée de Bayonne | DR
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Après Bayonne

janv./févr. 2020

Ne pas reconnaître des victimes bien réelles et ne pas nommer la haine des musulmans quand elle s’exprime, conduit à banaliser des violences exercées contre une communauté et nourrit les sentiments d’injustice.

Dans une attaque commise le 23 octobre 2019 contre un lieu de culte à Bayonne, deux personnes ont été gravement blessées par balles après une tentative d’incendie. Ce lieu était une mosquée et ces personnes des musulmans. Après les condamnations officielles d’usage, on a vu se développer une variété d’interprétations tendant à relativiser les faits : sur la caractérisation des faits en attentat, la santé mentale de l’auteur, affilié un temps au ­Rassemblement national, ou encore une sinistre comptabilité ­comparative des violences, bien réelles, exercées contre les cultes en France. Comme s’il était malgré tout nécessaire de ne pas donner trop d’importance à l’événement, de ne pas donner à cet «  acte isolé  » un caractère trop politique, au risque de nourrir une «  victimisation  » de nos compatriotes musulmans et ainsi de justifier la notion si décriée d’«  islamo­phobie  ». Il fallait au fond ne pas «  victimiser  » des victimes bien réelles et ne pas nommer la haine des musulmans quand elle s’exprime. Pour éviter tout risque de parallèle avec la terreur islamiste, il fallait passer sous silence une autre violence, en omettant par exemple de rappeler que d’autres attentats anti­musulmans ont été déjoués récemment. Or cette attitude fait peser indirectement sur des croyants ordinaires, par le déni de ce qui s’est produit, des fautes qui ne sont pas les leurs ; elle conduit à banaliser des violences exercées contre une communauté et un culte et nourrit un sentiment d’inju

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Jean-Maxence Granier

Agrégé de lettres, linguiste et sémioticien de formation, il a fondé le cabinet d'études et de conseil Think-Out spécialisé dans l'analyse des médias et des marques. Il s'intéresse à des questions comme la laïcité,  le numérique, les  psychotropes, la démocratie participative ou encore l'anthropocène. Il préside l'association Autosupport des usagers de drogues. …

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.