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Uniforme et insigne de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) via Wikimédia
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Politique et justice au Kosovo : entre intrigues et vérités

L’instruction menée par le tribunal spécial du Kosovo bouleverse les partages politiques, en touchant plusieurs membres de l’ancien mouvement de libération du pays encore au pouvoir, à commencer par le président Thaçi lui-même. L’enquête, entravée de toutes parts, exacerbe les ambigüités du pays vis-à-vis de sa classe dirigeante et de la justice internationale.

L’arrestation en Belgique, le 16 mars 2021, de Pjeter Shala, surnommé le « commandant Wolf », étend la liste des accusés – déjà sept – poursuivis par les chambres spécialisées sur le Kosovo. Ce tribunal spécial, intégré au sein du système législatif kosovar mais composé de juges internationaux, est chargé d’enquêter sur des crimes commis par l’ancien mouvement de libération du Kosovo (l’UCK) entre 1998 et 2000. Il s’agit du pendant des procès de hauts responsables militaires et politiques serbes tenus devant le Tribunal pour l’ex-Yougoslavie dans les années 2000-2010. Il a été prescrit en 2015 aux autorités kosovares par l’Union européenne pour compenser l’échec des poursuites engagées à l’encontre de dirigeants de la guérilla indépendantiste. Ces derniers sont accusés de tortures et d’exécutions sommaires de prisonniers lors du conflit avec la Serbie (des crimes de guerre) et de représailles généralisées ou systématiques à l’encontre de Serbes, de Roms et d’opposants kosovars après la fin du conflit (des crimes contre l’humanité). Plus de deux décennies après la fin de la guerre, le travail de la justice n’est donc pas encore achevé, manifestation positive de sa persévérance que l’imprescriptibilité des crimes rend possible, mais aussi signe que quelque chose s’est grippé dans le processus de reconstruction. Surtout, à la différence de la Bosnie-Herzégovine voisine où les procès des criminels de guerre (comme celui de deux soldats serbes, Novović et Pjano, qui vient de s’

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Joël Hubrecht

Membre du comité de rédaction d'Esprit. Responsable de Programme (Justice pénale internationale / Justice transitionnelle) à l'Institut des hautes études sur la justice (IHEJ). Membre du Comité Syrie-Europe après Alep. Enseigner l'histoire et la prévention des génocides: peut-on prévenir les crimes contre l'humanité ? (Hachette, 2009). …

Anton Vukpalaj

Anton Vukpalaj est professeur assistant de science politique à l'Université de Pristina. Il a étudié les sciences politiques, la sociologie politique, la politique comparée et l'intégration européenne à l'Université Paris-Sorbonne, ainsi qu'à l'Université Paris-Nanterre et à l'Institut des sciences sociales du politique. Ses recherches portent sur les Balkans occidentaux.…

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.