Prince des ténèbres : Photo John Carpenter DR
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John Carpenter, maître de l’horreur

mars 2021

La reconsidération de la filmographie de John Carpenter, depuis quelques années, va de pair avec celle d’un genre ayant désormais acquis ses lettres de noblesse, et dont le réalisateur est reconnu comme une référence incontournable : le cinéma d’horreur.

Il y a dix ans, John Carpenter était un réalisateur quasiment oublié. Peu de spectateurs avaient regardé son film The Ward (2011), diffusé directement en vidéo, et son dernier long métrage sorti en salles, Ghosts of Mars, datait de 2001. Ces dernières années, pourtant, une reconsidération de son œuvre a eu lieu : ressortie de ses films restaurés sur grand écran et en DVD, foules nombreuses pour voir le réalisateur interpréter ses bandes originales, dont il est le compositeur, en concerts, et remise du Carrosse d’or pour l’ensemble de sa carrière au Festival de Cannes 2019. Une reconsidération critique qui rappelle celle vécue par Paul Verhoeven auprès des journaux français après Elle (2016), et qui peut également faire sourire, dans la mesure où Carpenter n’a jamais été sélectionné à Cannes, mais plutôt à Avoriaz et Gérardmer, et était davantage défendu par les amateurs de genre que par les Cahiers du Cinéma.

Cette image récente provient justement, en partie, de l’arrivée d’une nouvelle génération de critiques nés dans les années 1980 et 1990, pour lesquels Carpenter a toujours représenté une réf&

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Louis Andrieu

Cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.