Affiche de Crash, film de David Cronenberg (1996)
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La curiosité et la gêne : redécouvrir Crash et Elephant Man

septembre 2020

#Divers

Crash comme Elephant Man fonctionnent comme des déconstructions de la monstruosité.

Sorti le premier jour de réouverture des salles, Elephant Man (1980) de David Lynch trouble, dans le contexte post-confinement, dès la scène présentant le docteur Treves (Anthony Hopkins), toussant sur la plaie ouverte d’un patient, ses instruments uniquement aseptisés par le feu ! Plus prosaïquement, la superbe restauration du noir et blanc et du son par Carlotta Films, également responsable de la ressortie de Crash à partir du 8 juillet, permet aux spectateurs contemporains d’apprécier visuellement un film souvent réduit à son scénario, lu comme un summum de tristesse : la courte vie de Joseph Merrick (John dans le film, joué par John Hurt), homme au corps déformé ayant marqué l’époque victorienne. L’enjeu du film est justement de montrer qu’il n’y a rien de monstrueux chez lui, mais que la société britannique de son temps est plus effrayante…

Plus encore, la mise en scène de Lynch joue en permanence sur le hors-champ, en choisissant pendant le premier tiers du film de ne pas montrer Merrick : la leçon de Treves devant ses collègues le filme en ombre projetée derrière les rideaux, dans un amphithéâtre dont le projecteur évoque la lanterne magique et le cinéma bientôt naissant (« l’homme-&eac

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Louis Andrieu

Cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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Selon ce dossier coordonné par Carole Desbarats et Emmanuel Laurentin, les institutions culturelles sont confrontées depuis quelques temps à des enjeux que l’épidémie de coronavirus a rendus plus aigus encore. Alors même que le confinement a suscité une forte demande de culture, beaucoup de ces institutions sont aujourd’hui face à un tournant. À lire aussi dans ce numéro : Trump contre l’Amérique, des élections par temps de pandémie et des jeunes sans bercail.