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Penser la loi. Essai sur le législateur des temps modernes, de Denis Baranger et Après la loi, de Laurent de Sutter

Deux ouvrages répondent à une crise : les lois seraient mal écrites, trop chargées en dispositions et trop nombreuses. Pour la comprendre, Denis Baranger, professeur de droit public, propose une étude historique ambitieuse, centrée sur la philosophie politique du xviiie siècle. Selon lui, c’est à ce moment que l’on a pu observer le passage d’une loi ancienne à une loi moderne, c’est-à-dire adoptée par un législateur centralisé et transformant la vie sociale. En pensant le sujet rationnel agissant puis l’État comme personne morale, les philosophes des Lumières auraient fait de la loi «l’instrument ordinaire du gouvernement», expression de la volonté du souverain. Denis Baranger montre les échecs de cette pensée à appréhender la réalité de l’action législative moderne, notamment l’inflation des textes. Il s’intéresse aux projets philosophiques d’une science de la législation (ceux de Bentham et de Beccaria, notamment) et aux critiques que les praticiens du droit leur ont opposées.

L’ouvrage de Laurent de Sutter réalise un projet tout à fait différent. C’est une différence de forme et

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Matthieu Febvre-Issaly

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Alors que l’efficacité des aides sociales est aujourd’hui contestée, ce dossier coordonné par Anne Dujin s’interroge sur le recul de nos idéaux de justice sociale, réduite à l’égalité des chances, et esquisse des voies de refondation de la solidarité, en prêtant une attention particulière aux représentations des inégalités au cinéma et dans la littérature.