Photo : Rots Marie-Hélène
Dans le même numéro

La poésie ludique du rap

décembre 2019

Irréductible à une fonction de porte-parole d’une jeunesse en souffrance, le rap explore avec exigence et fantaisie l’équivocité du langage.

Dans le film Les Étoiles vagabondes, sorti à l’été 2019 et réalisé avec Syrine Boulanouar, le rappeur Nekfeu raconte la genèse de son album du même nom. Si le succès du film signale que le rap s’est imposé au-delà de l’industrie musicale, il donne aussi à voir et à entendre un rap profondément pluriel, par un public jeune qui manifeste un besoin de mots. De fait, le rap a partiellement perdu de ses revendications originelles au profit du jeu sur le langage et de tonalités intimistes. Entre danse des mots et force du dire, le rap constitue un espace susceptible d’exprimer et de répondre à différentes crises par un maniement ludique de la langue. La source combative du rap se serait-elle tarie ? Le rap répond-il aujourd’hui davantage à une crise individuelle qu’à une crise collective ?

Vers un rap mou ?

Le message politique du rap – originellement véhiculé par une parole rythmée, énergiquement proférée et nouée aux pulsations musicales – se détache aujourd’hui de cette forme précise et investit d’autres champs artistiques. L’on peut ici penser au dernier livre d’Abd al Malik, Méchantes Blessures (Plon, 2019), publié quelques semaines à pei

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Maxence Bonin

Élève en lettres modernes à l'École normale supérieure de Lyon, il étudie la poétique du rap.

Nicolas Krastev-McKinnon

Elève à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, il étudie la littérature et la philosophie. Assistant de rédaction à la Revue Esprit (2019).

Dans le même numéro

Là où nos sociétés connaissent des tensions, là aussi travaille le langage. Le dossier d’Esprit (décembre 2019), coordonné par Anne Dujin, se met à son écoute, pour entendre l’écho de nos angoisses, de nos espoirs et de nos désirs. À lire aussi dans ce numéro : les déçus du Califat, 1989 ou le sens de l’histoire et un entretien avec Sylvain Tesson.