Gaël Faye, Festival du bout du monde, 2013, Wikipédia
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Habiter l'exil avec Gaël Faye

Le rap de Gaël Faye, auteur du roman Petit pays, aborde les thématiques de l’exil et du métissage. Face à la douleur, le travail musical de la langue apparaît comme une tentative de réconciliation avec le passé.

«  Je suis l’errance de la cigogne frappée du diadème de l’exil », tonne Gaël Faye dans « Dinosaures », morceau de son dernier album Des fleurs, paru en 2018. Originaire du Burundi, le rappeur et romancier a été forcé au départ vers la France par la guerre civile de 1993 et le génocide des Tutsi rwandais de 1994. Objet d’un traumatisme historique encore palpable aujourd’hui, la guerre civile du Burundi et ses suites ont entraîné l’exil de 800 000 mille personnes. Dans son œuvre musicale, Gaël Faye aborde la perte de la terre natale, ainsi que la difficulté d’être déraciné et jeté dans une culture inconnue. L’évolution des paroles de ses morceaux montre comment, de sa plaie originelle, le rappeur a fait une force poétique.

La mémoire à fleur de texte

Les textes de Gaël Faye rappellent sans cesse les troubles politiques du Burundi et se distancient des querelles intestines qui l’ont meurtri : « Ralliement, connivence, collusion, dissension/Hutu ou Tutsi, me pose jamais la question »[1]. La mémoire des massacres et des abominations de la guerre civile, ainsi que celle du génocide de 1994, habitent la musique du r

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Nicolas Krastev-McKinnon

Elève à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, il étudie la littérature et la philosophie. Assistant de rédaction à la Revue Esprit (2019).