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Joe Biden (2021) · Via Flickr
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Les manœuvres législatives de Joe Biden

décembre 2021

Malgré ses promesses, la victoire de Joe Biden risque de se solder par un retour au statu quo, où les Républicains jouent l’opposition en bloc à un parti Démocrate tiraillé entre ses franges progressiste et modérée. Pour faire voter son programme social et environnemental au Congrès, le président devra faire preuve d’une grande habileté.

Dans l’affrontement permanent qui structure la vie politique américaine, de nombreux Démocrates ont cru voir dans la victoire de Joe Biden une percée. La première année de son mandat se solde pourtant par un retour à ce qui est devenu la norme : une guerre de positions. Si les Démocrates se trouvent dans une situation relativement avantageuse, leur marge de manœuvre est étroite, car ils ne disposent que de majorités très courtes dans les deux chambres du Congrès. Ils font face, par ailleurs, à un Parti républicain puissant et capable de riposter. Ne pouvant se permettre le luxe d’une erreur, les Démocrates se divisent sur la tactique à suivre : plus les combats avec l’ennemi républicain s’installent, plus les luttes internes se compliquent. La prochaine bataille à l’horizon, les élections de mi-mandat de 2022, s’annonce fort périlleuse pour le parti de Biden.

Des tractations internes

Rappelons les principaux enjeux politiques des derniers mois. Après des négociations pour une fois fructueuses avec les Républicains, le Sénat a adopté une loi de grande ampleur sur la rénovation des infrastructures du pays, l’un des principaux volets du programme intérieur de Biden. Mais au moment du vote à la Chambre des représentants, le bloc progressiste des Démocrates a choisi de s’y opposer. Il ne s’agissait pas d’un désaccord sur le fond, mais de marchander son soutien en échange du passage de certains programmes sociaux : le congé parental, notamment, et l’extension de

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Michael C. Behrent

Historien américain, spécialisé en histoire de l’Europe contemporaine et notamment en philosophie politique française.

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Le changement climatique a donné un nouveau visage à l’idée de fin du monde, qui verrait s’effondrer notre civilisation et s’abolir le temps. Alors que les approches traditionnellement rédemptrices de la fin du monde permettaient d’apprivoiser cette fin en la ritualisant, la perspective contemporaine de l’effondrement nous met en difficulté sur deux plans, intimement liés : celui de notre expérience du temps, et celui de la possibilité de l’action dans ce temps. Ce dossier, coordonné par Nicolas Léger et Anne Dujin, a voulu se pencher sur cet état de « sursis » dans lequel nous paraissons nous être, paradoxalement, installés. À lire aussi dans ce numéro : le califat des réformistes, la question woke, un hommage à Jean-Luc Nancy, la Colombie fragmentée, la condition cubaine selon Leonardo Padura, et penser en Chine.