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Une ambition philosophique par gros temps. Introduction

août/sept. 2015

Dans un texte de 1971, Jürgen Habermas explique que le dernier philosophe est mort avec Hegel, au moment où la philosophie a dû renoncer à sa tutelle sur les sciences et à la position surplombante que lui conférait la tradition1. Il y a bien eu de la philosophie après Hegel, et il y en aura bien sûr aussi après Habermas. Mais des philosophes ? Déjà actée en 1971, la dépersonnalisation de l’acte philosophique s’est confirmée depuis, tout comme l’accession de cette discipline « au stade de la recherche qui organise collectivement le progrès scientifique2 ». Pour le meilleur et pour le pire, la « recherche » a pris le pas sur l’exigence de récapituler les savoirs dans un système. Les rationalisations sont loin d’avoir disparu du monde contemporain, elles se sont plutôt disséminées dans divers champs de l’expérience : technique, économie, langage, politique. Mais des rationalités à la raison, il y a un pas que la plupart des chercheurs en philosophie refusent de franchir. De là une interrogation qui reste d’actualité : « pourquoi la philosophie elle-même ne devrait-elle pas dépérir sur le calvaire d’un esprit qui ne peut plus ni se connaître ni s’affirmer en tant qu’absolu3 ? »

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricœur (Anthologie Paul Ricœur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment, en mars-avril 2012, « Où en sont les philosophes ? ». Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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