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Le philosophe Guy Petitdemange (ici en novembre 2003). Sophie Bassouls
Le philosophe Guy Petitdemange (ici en novembre 2003). Sophie Bassouls
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Guy Petitdemange, l’arpenteur des paroles amies

La disparition de Guy Petitdemange, en septembre 2021, est l’occasion de se pencher sur l’œuvre de ce lecteur infatigable, à qui Olivier Mongin rend ici hommage. Homme de revues, il fut un collaborateur assidu d’Études et d’Esprit, ainsi que le rédacteur en chef de d’Archives de philosophie.

Guy Petitdemange n’en avait jamais fini avec les textes, les siens ou ceux des autres. Il ne cessait de les lire et de les relire, il aimait la figure de l’arpenteur qui explore, découvre, mesure, peint et repeint par couches successives des paroles qui ne doivent pas « geler » et finir comme des « arbres asséchés » : « Tout serait à reprendre, à recommencer à partir de cette chose si scellée et secrète, sonore pourtant : un texte ; arpenter à nouveau, redevenir champion de jeûne, la taupe, l’accusé, ces figures du lecteur vivant chères à Kafka et à Benjamin1 »

Guy Petitdemange, étranger à un monde intellectuel vindicatif et satisfait qui le faisait sourire, incapable de suivre le mouvement des modes, vivait dans l’univers des textes de ses « maîtres » en lecture. Il n’hésitait pas à citer ces « paroles amies » qu’il a réunies, non sans hésitation, dans un ouvrage précieux : elles se nomment Franz Rosenzweig, Emmanuel Levinas, Walter Benjamin, Michel de Certeau, Francfort (pour Theodor Adorno et Max Horkheimer), Jacques Derrida, mais aussi Maurice Merleau-Ponty, Jean-Toussaint Desanti ou Paul Ricœur. « Qu’il s’agisse de la sainteté divine, de l’autre, de l’être sauvage, de l’extase mystique, de la radicale critique benjaminienne, toujours il est question d’un excès, d’une démesure, d’un dénivellement qui bouleverse les mises en ordre, les souveraine

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Olivier Mongin

Directeur de la revue Esprit de 1989 à 2012. Marqué par des penseurs comme Michel de Certeau, qui le pousse à se confronter au structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville et aux pratiques urbaines, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou Barbarie, qui lui donnent les outils à la fois politiques et philosophiques de la lutte anti-totalitaire,…

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La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.