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L’angle mort historique de 1968-1981. La double impasse de la modernisation et du progressisme

La double impasse de la modernisation et du progressisme

Quelles ont été les réponses politiques à l’épuisement du modèle gaullo-communiste entériné par 68 ? Les deux voies esquissées – transition libérale avec Giscard d’Estaing, transition socialiste avec Mitterrand – sont restées incomplètes et décevantes. Où se trouvent donc nos ressources pour réactiver une énergie et un projet collectifs adaptés aux défis actuels ?

Plutôt que de se focaliser sur les événements de Mai 68 et d’en proclamer le caractère exceptionnel, il apparaît pertinent d’observer l’« angle mort historique » qui s’étend de mai 1968 à mai 1981. Celui-ci se caractérise par deux « transitions manquées1 ». Loin d’être un moment de redynamisation du roman national, Mai 68 n’anticipe pas les changements attendus et indispensables, il est comme « coincé » entre deux époques. Quelles sont donc ces deux « transitions manquées » ? La première, entamée par la séquence giscardienne de 1974-1981, était la transition vers le libéralisme. La seconde, après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1

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Olivier Mongin

Directeur de la revue Esprit de 1989 à 2012   Marqué par des penseurs comme Michel de Certeau, qui le pousse à se confronter au structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville et aux pratiques urbaines, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou Barbarie, qui lui donnent les outils à la fois politiques et philosophiques de la lutte…

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