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L'imagination face à l'irreprésentable. À propos de Moïse et Aaron

juin 2016

#Divers

L’opéra de Schönberg interroge le rôle de l’imagination : pour éviter l’idolâtrie, faut-il renoncer à communiquer l’invisible ? Il est possible de suivre l’invitation de Ricœur à penser l’imagination comme reconfiguration du monde.

Dieu unique, éternel, omniprésent, invisible et irreprésentable !

Tels sont les premiers mots prononcés par Moïse dans la scène d’ouverture de Moïse et Aaron, l’opéra dodécaphonique d’Arnold Schönberg, composé entre 1930 et 19321. Dieu est invisible et irreprésentable, et les autres dieux ne sont que des inventions de l’imagination, comme Moïse le précise dès la scène ii à son frère, le prophète Aaron, qu’il rencontre dans le désert :

Il n’est d’autres dieux
qu’en l’homme dans son imagination
En elle l’Omniprésent n’a point de place. […]
Aucune image ne peut te donner une image
de l’irreprésentable.

Ce à quoi Aaron rétorque :

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Olivier Mongin

Directeur de la revue Esprit de 1989 à 2012   Marqué par des penseurs comme Michel de Certeau, qui le pousse à se confronter au structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville et aux pratiques urbaines, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou Barbarie, qui lui donnent les outils à la fois politiques et philosophiques de la lutte…

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