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Coucher de soleil, ciel orange / Félix Vallotton, domaine public
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Les paysages de Claude Lévi-Strauss. Une pensée du sensible

Longtemps abordée par l’approche formelle de la linguistique et des mathématiques, l’oeuvre de Lévi-Strauss est aujourd’hui mieux comprise dans sa part esthétique et sensible. L’importance des paysages en témoigne aussi bien en ville que dans la forêt, en montagne ou en mer : l’art de la marche et de la description invite à mieux comprendre les rapports entre nature et culture.

Pourquoi aborder l’œuvre de Claude Lévi-Strauss par la double thématique du sensible et du paysage ? D’un côté, cette œuvre est le plus souvent lue et interprétée dans le seul prisme d’une réflexion anthropologique dont le caractère savant, formel et ardu est particulièrement exigeant. Le travail de Claude Lévi-Strauss ayant recours aux modèles mathématiques et à la linguistique, il a trop souvent été interprété en fonction d’un clivage entre l’abstrait et le concret que renforçait à l’époque, celle des années 1970, la « coupure » entre la science et la phénoménologie. En dépit de la volonté affichée au début de Tristes tropiques de rompre avec les pensées de la conscience, cela ne correspondait pas à une « logique du sensible », à une pensée qui ne se contentait pas d’opposer l’expliquer et le comprendre, l’intelligible et le sensible1.

Aujourd’hui une nouvelle génération de lecteurs, à commencer par les éditeurs du récent volume de la Pléiade publié en 2009, marque son intérêt pour la part esthétique et sensible du travail de C. Lévi-Strauss. Faut-il le rappeler ? La Pensée sauvage, un livre qui s’en prend à Sartre et aux philosophies de l’histoire, est dédié au phénoménologue Maurice Merleau-Ponty, l’auteur du Visible et de l’invisible, avec lequel C. Lévi-Strauss entretenait

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Olivier Mongin

Directeur de la revue Esprit de 1989 à 2012. Marqué par des penseurs comme Michel de Certeau, qui le pousse à se confronter au structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville et aux pratiques urbaines, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou Barbarie, qui lui donnent les outils à la fois politiques et philosophiques de la lutte anti-totalitaire,…

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