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La longue mémoire du « délaissement » des juifs de France

Une cérémonie officielle honorant la mémoire des « justes », qui ont aidé à sauver des juifs pendant la guerre, a eu lieu au Panthéon en janvier 2007. Comment cet épisode de notre histoire s’inscrit-il dans la mémoire nationale et quel rôle peut-il jouer dans la formulation d’un avenir commun ?

Pour éclairer et même aider à surmonter le malaise entre la France et les juifs de France qui, depuis 1967, se manifeste en crises à répétition (Copernic, Carpentras, l’intervention d’Israël au Liban en 1982, la seconde intifada) à l’occasion desquelles une non-confiance ravivée fait face à une incompréhension agacée, on essaie ici moins de décrire1 l’installation de cette mésentente, d’en énumérer les raisons, que d’interroger ce qu’elle a de paradoxal, en partant de ce qui aurait dû le plus contribuer à soulager l’amertume des juifs de France et qui n’a pas suffi à le faire : l’aide dont beaucoup d’entre eux ont bénéficié pendant la Shoah de la part de leurs compatriotes.

On sait que 75 % des 330 000 juifs qui résidaient en France en 1940 ont échappé à Hitler, soit environ 2

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Paul Thibaud

Philosophe, Paul Thibaud est l'ancien président de l'Amitié judéo-chrétienne de France et l'ancien directeur de la revue Esprit entre 1977 et 1989. Il est notamment l'auteur, avec Marcel Gauchet et Olivier Roy, de La Religion est-elle encore l'opium du peuple (Edition de l'Atelier, 2008) et, avec Jean-Marc Ferry, Discussion sur l'Europe (Calmann-Lévy, 1994).…

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