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Psychiatre, un métier à risques

février 2014

#Divers

De plus en plus de psychiatres sont mis en cause par la justice, suite à des faits divers impliquant leurs patients. L’expertise psychiatrique devient un exercice à haut risque. Elle se déploie entre des prisons qui regorgent de personnes à la santé mentale fragile, sans que l’on soit en mesure de les y soigner de façon adaptée dans les situations les plus graves, et le fait que laisser libres des gens souffrant de problèmes psychiatriques expose les médecins à la vindicte publique en cas de crime ou de délit commis par leurs patients (alors même que les malades mentaux, contrairement à la représentation collective, sont plus souvent victimes qu’auteurs de violences). Cette tendance à la « judiciarisation » intervient dans une période où la psychiatrie publique est déchirée par les tensions professionnelles et identitaires, en crise de vocation et de mission.

Cela se traduit par une difficulté notoire à pourvoir des postes pourtant budgétairement acquis – 25 % des postes sont vacants, ou octroyés à des médecins non statutaires (données 2010) – et par la grogne sociale des médecins. Ces situations ont des racines multiples, qui renvoient aux évolutions de l’offre de soins et des pratiques psychiatriques des dernières décennies.

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