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Une terre partagée

La violence exercée contre les manifestants gazaouis le 14 mai dernier à Gaza est survenue alors qu’un nouveau cycle de protestations s’est engagé depuis l’annonce par Donald Trump du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, prévue à la date anniversaire de la création de l’État d’Israël en 1948. Cette décision, prise au mépris du droit international, ne pouvait qu’attiser les contestations : le plan de partage de 1947 reconnaissait un statut spécifique et international à Jérusalem (corpus separatum), et le Conseil de sécurité de l’Onu a pris plusieurs résolutions contre ­l’occupation de la partie est de la ville, puis contre son annexion unilatérale par l’État israélien. Le statut de Jérusalem devait faire partie du dernier tour des accords d’Oslo et, en tout état de cause, d’une solution négociée entre les deux parties qui verrait, dans le cadre d’une solution à deux États, la souveraineté palestinienne sur la partie est de la ville entérinée. En touchant au lieu le plus symbolique et emblématique de la dépossession pour les ­Palestiniens, Donald Trump a donné son blanc-seing aux politiques de colonisation israéliennes qui cons

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Stéphanie Latte Abdallah

Membre du CERI Sciences Po, Stéphanie Latte Abdallah est historienne et politiste. Ses recherches portent sur les questions de mobilités, de frontières et d’enfermement dans les espaces israélo-palestiniens, et sur la question carcérale.

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Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.