Dans le même numéro

La quête de Michel de Certeau

mars/avril 2016

#Divers

En Amérique du Nord, on ne connaît Michel de Certeau que dans le milieu universitaire, mais en France c’était une célébrité, un critique important en matière de culture, un historien novateur sur le domaine religieux dans la première modernité, un penseur des questions religieuses qui professait, dans sa vie et ses écrits, un catholicisme ouvert, généreux, engagé. Lors de ses obsèques à Paris en janvier 1986, la voix d’Édith Piaf chantant Non, je ne regrette rien résonna sur les bancs de l’église Saint-Ignace des jésuites. Cette chanson venait après une lecture de l’apôtre Paul, « mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages » (1 Co 1, 27), et un poème de Surin, un mystique du xviie siècle, sur « une âme vagabonde » cherchant l’amour divin à travers le monde. Ces vers, choisis par Certeau, disent assez le non-conformisme de son style intellectuel et spirituel.

Dans ses écrits, sur la folie et la mystique au xviie siècle, sur les mouvements de résistance politique passés et présents en Amérique du Sud, sur les pratiques de la vie quotidienne au xxe siècle, Mich

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

ZEMON DAVIS Natalie

Dans le même numéro

Pour son numéro double de mars-avril, la revue consacre le dossier central à la question des colères. Coordonné par Michaël Fœssel, cet ensemble original de textes pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice. Également au sommaire de ce numéro, un article de l’historienne Natalie Zemon Davis sur Michel de Certeau, qui reste pour le pape François « le plus grand théologien pour aujourd’hui », ainsi que nos rubriques « À plusieurs voix », « Cultures » et « Librairie ».