Moins de deux semaines avant les élections aux États-Unis, Kamala Harris et Donald Trump enchaînent les meetings dans les États pivots, tandis que les sondages indiquent qu’ils sont désormais, partout, au coude à coude. Bien malin qui pourrait prédire les résultats, alors que les écarts n’ont cessé de se resserrer, et se situent tous désormais dans la marge d’erreur.
Si l’incertitude sur l’issue du scrutin est maximale, ces élections rejouent en partie les affrontements de 2016 et 2020. Se nourrissant de la colère d’un électorat qui s’estime lésé par le système et voudrait retourner les États-Unis aux années 1950, Trump annonce toujours plus clairement son intention de gouverner en despote. Harris, quant à elle, peine à expliquer ce qu’elle ferait différemment des administrations démocrates qui l’ont précédée, dont il est loin d’être évident qu’elles aient pris la mesure des injustices économiques et sociales qui contribuent à miner la confiance des Américains dans leurs institutions.
Des thèmes de mobilisation de l’électorat à la diversité des groupes sociaux, de la répartition de la population sur cet immense territoire à l’évolution démographique rapide qui en remodèle les cultures et les modes de vie, au moins en apprenons chaque fois davantage sur ces États désunis d’Amérique. Dans une atmosphère toujours plus électrique, ils nous tendent un miroir dans lequel nous craignons sans doute, malgré tout, de nous reconnaître.