Notes de lecture

Dans le même numéro

Ce qui peut être sauvé

janv./févr. 2021

Le dernier ouvrage de Nathalie Cau remet en avant un phénomène resté jusqu’ici peu visible dans l’historiographie de la Shoah : celui des expressions artistiques, très diverses, mises en œuvre après 1945 par les Juifs ayant survécu à l’entreprise d’extermination nazie.

Il n’y a pas d’événement dont l’historiographie soit plus riche que celle de la destruction des Juifs d’Europe au xxe siècle ni qui ait suscité de questions philosophiques aussi radicales. Savoir s’il est légitime de représenter l’événement de la Shoah, s’il est possible d’imaginer un art après Auschwitz, se demander quels réaménagements de la culture occidentale et quelles sutures symboliques peuvent être imaginés sont quelques-unes des problématiques qui n’ont cessé de hanter la conscience européenne. Étonnamment, aussi riche qu’elle soit, la réflexion s’est pourtant privée d’un regard essentiel et d’un point de vue de première main : la manière dont les survivants des camps se sont réappropriés eux-mêmes leur propre histoire. On l’a oublié, mais une grande partie des Juifs ayant survécu aux différentes formes d’extermination nazies se sont retrouvés en 1945 dans des camps de personnes déplacées mis en place par les organisations internationales naissantes en Allemagne, y restant pour certains pendant presque une décennie. Interdits de partir en Israël et quasiment emprisonnés, mêlés à d’

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Éditions du Détour, 2020
352 p. 26 €

Alexandre Gefen

Historien des idées et de la littérature, critique littéraire, Alexandre Gefen est Directeur de Recherche au CNRS. Il a également fondé le site internet Fabula, consacré à la recherche en littérature. Il est l'auteur de Réparer le monde. La littérature française face au XXIe siècle (José Corti, 2017), et de L'Idée de la littérature (Éditions Corti, 2021).…

Dans le même numéro

Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».