Notes de lecture

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Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier

avril 2021

Le bourg de La Bassée, près duquel se déroule l’action de ce remarquable et captivant roman de Laurent Mauvignier, serait, s’il existait, l’un de ceux de cette France dite périphérique, frappée par la désindustrialisation, que désertent les jeunes qui partent vers les métropoles pour y chercher du travail et où ne subsistent que les plus âgés, les plus démunis et fragiles, entre emplois précaires, chômage, aides de l’État et grande pauvreté. La campagne environnante, avec ses usines désaffectées, ses pavillons décrépis et, plus loin, au milieu des champs de céréales, ses hameaux perdus, quasi abandonnés, n’attire pas les estivants. Quelques petites exploitations agricoles continuent d’y survivre. L’auteur, issu d’un milieu ouvrier, connaît bien cette France des pauvres, des humiliés qui traverse toute son œuvre mais, selon lui, « des oubliés, des gens enfermés et meurtris, [il y en a] dans tous les milieux sociaux, dans toutes les réalités possibles de la vie1 ».

Patrice Bergogne a 47 ans. Depuis des générations, chez les Bergogne, on travaille la terre : à la mort du vieux

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Éditions de Minuit, 2020
640 p. 24 €

Benédicte Chesnelong

Bénédicte Chesnelong est avocate au barreau de Paris, spécialisée en droit des affaires et droit pénal international. Ayant commencé sa carrière dans le cabinet de Robert Badinter, elle a par la suite travaillé pour la Commission environnement du Parlement européen, le Conseil de l’Europe et les Nations Unies, notamment comme chargée de mission au Kosovo.…

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.