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Notes de lecture

Dans le même numéro

Yoga d’Emmanuel Carrère

décembre 2020

Sur fond d’un monde de plus en plus chaotique, frappé par des tragédies, l’auteur nous parle de la difficulté que revêt le perfectionnement de l’âme.

La mort brutale, en janvier 2018, de son ami et éditeur Paul Otchakovsky-Laurens plonge Emmanuel Carrère dans le premier grand deuil de sa vie. « Plus jamais ce que j’écrirai ne sera, par personne, désiré comme par Paul  », explique-t-il. Il lui avait naturellement parlé de ce projet de livre sur le yoga et cela avait tout de suite intéressé Paul Otchakovksy : s’il n’était adepte ni du yoga, ni de la méditation, il était curieux de tout ce qui avait trait au fonctionnement de l’âme. De l’âme, il est beaucoup question dans l’œuvre d’Emmanuel Carrère, qui n’a de cesse de se questionner sur lui-même, sur son rapport au bien et aux autres. Écrire, déclare-t-il, est pour lui « le moyen de devenir un être humain un peu meilleur, […] d’avancer comme être humain ».

Yoga n’est pas ce «  petit livre subtil et souriant » auquel il songeait lorsqu’il croyait encore sa vie «  si bien fortifiée » : s’il aborde longuement cette pratique dont l’auteur est un initié, il est aussi l’autopsie d’un naufrage et d’un sauvetage. « Que puis-je en dire ? J’ai une conviction, une seule, concernant la littérature : c’est le lieu où on ne ment pas. C’est l’impératif absolu, tout le reste est accessoire. […] En l’écrivant, je dois dénaturer un peu, transposer un peu, surtout gommer parce que je peux dire sur moi tout ce que je veux, y compris les vérités l

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
P.O.L, 2020
400 p. 22 €

Benédicte Chesnelong

Bénédicte Chesnelong est avocate au barreau de Paris, spécialisée en droit des affaires et droit pénal international. Ayant commencé sa carrière dans le cabinet de Robert Badinter, elle a par la suite travaillé pour la Commission environnement du Parlement européen, le Conseil de l’Europe et les Nations Unies, notamment comme chargée de mission au Kosovo.…

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Source d’inquiétude autant que de fascination, la Chine continue de représenter une énigme. Le socialisme « aux couleurs de la Chine » conjugue en effet un capitalisme sauvage avec un pouvoir centralisé dans une synthèse politique inédite. Le dossier explore le nouveau souverainisme, le pouvoir numérique, le rapport aux minorités et la gestion de l’épidémie. À lire aussi : projet de danger perpétuel, du fanatisme à la radicalité, la dissidence discrète de Marc Fumaroli, pour une philosophie de la préhistoire et la controverse Kundera.