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Notes de lecture

Dans le même numéro

L’ère de la revendication. Manifester et débattre en démocratie de Benjamin Lévy

mai 2022

Nul ne pourra contester le titre du premier essai du philosophe et psychologue Benjamin Lévy, publié dans la nouvelle collection « Delta » des éditions Flammarion. Cette dernière a pour ambition, grâce à une approche pluridisciplinaire, de « décrypter les transformations sociales et les savoirs critiques qui les accompagnent ». Rien qu’en France, ces dernières années ont été marquées de façon quasi ininterrompue – et cela malgré ou à cause de la pandémie – par une série de manifestations et de revendications (liste non exhaustive) : Gilets jaunes, marches pour le climat, contre les féminicides, le racisme ou les violences policières, sans compter les récentes protestations contre la vaccination.

D’emblée, B. Lévy prend acte de ce que Claude Lefort appelait la « division originaire » du social, autrement dit l’hétérogénéité et la discordance des voix en régime démocratique, notamment à travers l’expression de revendications plurielles et parfois antagonistes. B. Lévy entend interroger l’ambivalence de la revendication, tantôt « porteuse d’avenir », tantôt « du côté de la haine, de la destructivité ou même du meurtre ». Ainsi, à partir d’un même point de départ – la frustration et plus largement les affects, tels que l’humiliation ou la défense de l’honneur –, la revendication peut se mettre au service d’un approfondissement ou d’une régression démocratique. Pour rendre compte de ce paradoxe, B. Lévy convoque un large panel

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Flammarion, 2022
336 p. 19 €

Benjamin Caraco

Docteur en histoire et conservateur des bibliothèques, Benjamin Caraco est chercheur associé au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (UMR 8058) et coordonne la rédaction du site Nonfiction.

Dans le même numéro

Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.