George Orwell, 1941, photo de Levan Ramishvili via Flickr (Domaine public)
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Orwell politique

mars 2021

La parution des œuvres de Georges Orwell dans la Bibliothèque de la Pléiade remet en avant le travail de cet écrivain-journaliste, dont la peinture d’une société d’ultra-surveillance n’a jamais paru moins anachronique. La sélection des textes met l’accent sur le versant politique et militant de l’œuvre, au détriment, peut-être de ses aspects plus intimes.

Entre la surveillance généralisée liée au numérique et la récente loi sur la sécurité globale – dont le titre aurait pu être de son invention – George Orwell (1903-1950) n’a jamais été autant d’actualité. Relevant du domaine public depuis 2020, son œuvre fait l’objet de nouvelles traductions, en particulier son roman le plus célèbre, 1984. En 2018, Josée Kamoun en proposait une chez Gallimard, celle de Celia Izoard a paru en janvier chez Agone. Entretemps, à l’occasion de l’entrée en Pléiade de l’écrivain britannique, Philippe Jaworski publie sa version – dont le titre est cette fois écrit en toutes lettres.

« Toute littérature est politique, et toute politique est mensonge et propagande, dit et répète George Orwell de diverses manières tout au long de son œuvre », écrit dans sa préface ce professeur émérite de littérature américaine à l’université Paris-Diderot, et cheville ouvrière de cette édition. La sélection opérée dans cette dernière édition en témoigne : pour Orwell, la politique s’apparente à l’oppression, à la différence de sa con

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Benjamin Caraco

Docteur en histoire et conservateur des bibliothèques, Benjamin Caraco est chercheur associé au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (UMR 8058) et coordonne la rédaction du site Nonfiction.

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On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.