Notes de lecture

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L’œil de l’État. Moderniser, uniformiser, détruire de James C. Scott

Trad. par Olivier Ruchet

juin 2021

Dans Homo domesticus, l’anthropologue et politiste américain James C. Scott, souvent qualifié d’anthropologue anarchiste, revenait sur la naissance des premiers États en lien avec l’avènement de l’agriculture et la sédentarisation1. En 2021, la traduction de L’œil de l’État pourrait laisser croire à un approfondissement et à un saut chronologique dans son étude de l’action des États, modernes cette fois-ci. Il s’agit pourtant d’un ouvrage antérieur à Homo domesticus, puisqu’il a été publié en anglais en 1999, contre 2017 pour le premier. Les deux livres n’en partagent pas moins un certain nombre de points communs.

C’est en interrogeant sur le processus de sédentarisation et le rôle joué par les États dans celui-ci, notamment dans le contexte du Sud-Est asiatique2, que James C. Scott a réalisé que la « lisibilité » est un « enjeu crucial de gouvernement ». À l’aune de cet objectif, il rassemble et donne sens à un ensemble de pratiques de « standardi

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La Découverte, 2021
540 p. 28 €

Benjamin Caraco

Docteur en histoire et conservateur des bibliothèques, Benjamin Caraco est chercheur associé au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (UMR 8058) et coordonne la rédaction du site Nonfiction.

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.