Notes de lecture

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Leur écologie et la nôtre. Anthologie d’écologie politique d'André Gorz

avril 2021

L’affadissement des propositions issues de la convention citoyenne sur le climat lors de leur traduction législative révèle l’incapacité du gouvernement à envisager un modèle de société compatible avec une réelle prise en compte de l’environnement.

La publication d’un recueil de textes d’André Gorz, sélectionnés par la sociologue Françoise Gollain et l’historien Willy Gianinazzi, offre un large aperçu d’un tel modèle, à la fois écologique et cohérent. Disciple de Sartre, marxiste hétérodoxe, journaliste et philosophe, André Gorz a abordé la question de l’environnement dès les années 1970, à la suite du fameux rapport Meadows sur les limites de la croissance. S’il a intégré la critique écologique du capitalisme, il a également analysé la fin du travail, issue des gains de productivité et de l’automatisation.

Cette anthologie reflète l’étendue de la réflexion de l’auteur, après un retour sur son parcours intellectuel grâce à plusieurs entretiens. Sa conception d’une « écologie anthropocentrique » est présentée ainsi : « Le rapport de l’homme à la nature n’est pas un rapport naturel mais toujours un rapport culturel. […] La question qui se pose à l’humanité est – et était déjà dans l’Antiquité – celle de l’autolimitation […] culturelle de ses besoins et de ses projets qui seule lui évitera de détruire les bases naturelles de sa vie. » Gorz a ainsi longuement traité de la question des besoins, de l’organisation de la production

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Seuil, 2020
384 p. 22 €

Benjamin Caraco

Docteur en histoire et conservateur des bibliothèques, Benjamin Caraco est chercheur associé au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (UMR 8058) et coordonne la rédaction du site Nonfiction.

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.