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Notes de lecture

Dans le même numéro

Atlas historique de l’Algérie de Karim Chaïbi

Préface de Jacques Frémeaux

juil./août 2022

Ce riche atlas de cent trente cartes commentées retrace une histoire qui commence par le paléolithique et s’achève provisoirement avec les manifestations du Hirak à partir de 2019. On parcourt la préhistoire, l’installation des royaumes berbères, l’occupation romaine, l’épisode vandale, la conquête arabe, la succession des royaumes musulmans, l’occupation turque, la colonisation française, la guerre d’Algérie et l’indépendance. Cette dernière période est divisée en deux : trente ans de reconstruction autoritaire, sous l’égide d’Ahmed Ben Bella et du colonel Houari Boumédiène, leader des non-alignés et père des « industries industrialisantes », auquel succéda Chadli Bendjedid ; années noires, marquées par les émeutes d’octobre 1988, puis à partir de juin 1991, la confrontation entre le Front islamique du salut et les autorités qui bouleverse le processus démocratique en cours, avant la guerre civile (1991-1994) et les années de sang (1996-1999). La décennie Bouteflika (2002-2012), portée par la hausse des cours pétroliers, est celle de la concorde, de la consolidation et des grands travaux, avant de sombrer dans le népotisme et la corruption, ce qui conduit au Hirak et à la chute du clan Bouteflika.

La terre d’Algérie s’est constamment présentée comme un territoire ouvert sur deux grandes portes : au nord, la Méditerranée ; au sud, le Sahara, témoin de la circulation du monde berbère avec l’Orient égyptien, chrétien, juif puis musulman. Si l’essentiel de l’histoire algérienne s’est situé dans un cadre méditerranéen, les dépendances sahariennes rattachent fortement le pays au continent africain. Est-ce un rêve de penser qu’un jour, ce sentiment commun d’appartenance renaîtra ? La lecture de cet atlas devrait y contribuer.

Nouveau Monde, 2022
414 p. 27,90 €

Eugène Berg

Eugène Berg, né le 23 septembre 1945, est un essayiste et diplomate français. Spécialiste de la Russie et du Pacifique, il a notamment publié Non-alignement et nouvel ordre mondial (1980).

Dans le même numéro

Faire corps

La pandémie a été l’occasion de rééprouver la dimension incarnée de nos existences. L’expérience de la maladie, la perte des liens sensibles et des repères spatio-temporels, le questionnement sur les vaccins, ont redonné son importance à notre corporéité. Ce « retour au corps » est venu amplifier un mouvement plus ancien mais rarement interrogé : l’importance croissante du corps dans la manière dont nous nous rapportons à nous-mêmes comme sujets. Qu’il s’agisse du corps « militant » des végans ou des féministes, du corps « abusé » des victimes de viol ou d’inceste qui accèdent aujourd’hui à la parole, ou du corps « choisi » dont les évolutions en matière de bioéthique nous permettent de disposer selon des modalités profondément renouvelées, ce dossier, coordonné par Anne Dujin, explore les différentes manières dont le corps est investi aujourd’hui comme préoccupation et support d’une expression politique. À lire aussi dans ce numéro : « La guerre en Ukraine, une nouvelle crise nucléaire ? »,   « La construction de la forteresse Russie », « L’Ukraine, sa résistance par la démocratie », « La maladie du monde », et « La poétique des reliques de Michel Deguy ».