Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

La traîne des empires. Impuissance et religions de Gabriel Martinez-Gros

décembre 2022

Professeur d’histoire médiévale à l’université Paris-Nanterre, Gabriel Martinez-Gros élabore, non sans audace, une nouvelle loi de l’histoire, selon laquelle les grandes religions seraient les produits de la chute des empires. En effet, christianisme, islam et bouddhisme sont respectivement issues de l’empire romain, de l’empire islamique et de l’empire chinois. Ces religions se cristallisent lorsque l’impuissance des empires dissocie leur action politique de leur système de valeurs. En somme, quand l’empire n’est plus en état de faire respecter ses valeurs, ces dernières se déplacent dans une religion. Si l’empire est la matrice de la religion, la religion est donc le discours construit de l’empire. Elle est portée par la catégorie nouvelle des clercs – des intellectuels, que la sédentarisation de l’empire et sa division économique et politique des tâches ont consacrés artisans du luxe des mots et des pensées. Mais la religion et ses clercs rompent avec l’empire par le retrait du monde, qui répudie la pompe, les ors et les armes de l’empire pour mieux le dominer et le faire plier. Aux yeux de l’auteur, l’écologie manifeste par excellence ce complexe d’affirmation de valeurs impériales et de dénégation de l’empire où prend sa source une nouvelle religion. Comme l’empire, l’écologie est universelle et pacifiste. De même, l’antiracisme constitue une nouvelle forme de religion, réaffirmant des principes sans se préoccuper de solutions pratiques. En définitive, l’Occident aurait conservé une forme d’autorité éthique et religieuse qui se substitue à ses moyens politiques et militaires défaillants.

Passés composés, 2022
240 p. 21 €

Eugène Berg

Eugène Berg, né le 23 septembre 1945, est un essayiste et diplomate français. Spécialiste de la Russie et du Pacifique, il a notamment publié Non-alignement et nouvel ordre mondial (1980).

Dans le même numéro

La crise de l’asile européen

Des exilés plongés dans des limbes, contraints de risquer leur vie, une absence de solidarité entre les États, la multiplication des camps, le rétablissement des contrôles aux frontières : autant d’échecs du système européen de l’asile. Face à cette crise, le dossier coordonné par Pierre Auriel refuse à la fois la déploration et le cynisme. Il suggère de composer avec la peur des migrations pour une politique plus respectueuse des droits des exilés. À lire aussi dans ce numéro : l’obligation d’insertion, Michon marxiste ?, ce que Latour fait à la philosophie, la fin des libertés en Russie, et l’actualité de Georges Perec.