Notes de lecture

Dans le même numéro

Young Lords. Histoire 
des Black Panthers latinos (1969-1976), de Claire Richard

avril 2018

#Divers

Ce « récit documentaire » présente les témoignages d’anciens membres des Young Lords de New York, sur leurs sept années d’activités au service de la communauté portoricaine d’El Barrio. Pauvres, sans emplois, discriminés à cause de leurs origines, les Portoricains vivent aux États-Unis dans des quartiers insalubres et délaissés par les autorités municipales. De jeunes étudiants, bientôt rejoints par des centaines d’habitants, brûlent les poubelles pour attirer ­l’attention de la mairie sur les carences du ramassage (ofensiva de basura). Ils montent des programmes de services publics (petits-déjeuners pour les écoliers, distribution de vêtements, éducation populaire, etc.). L’occupation d’une église méthodiste, rebaptisée Iglesia de la Gente, assure au groupe un succès médiatique. Les militants de la première heure témoignent de leur exaltation : « C’est un peu comme si vous aviez créé une zone libérée au cœur de l’Amérique capitaliste. » Les Young Lords sont particulièrement actifs sur les questions de santé communautaire : dépistage du saturnisme, traitement de la toxicomanie, occupation d’un hôpital. Ils sont également à l’avant-garde sur les questions du féminisme : les femmes du mouvement se mettent en grève, après avoir lu Lysistrata, pour obtenir la fin du machismo, même « révolutionnaire », et contribuent à la formation d’un groupe de parole homosexuel. Harcelés par les forces de police, ils finissent par se diviser sur la question de l’indépendance de Porto Rico et connaissent une dérive sectaire.

L’échappée, Dans le feu 
de l’action , 2017
256 p. 19 €

Jonathan Chalier

Secrétaire de rédaction de la revue Esprit, chargé de cours de philosophie à l'École polytechnique et à l'Institut catholique de Paris.

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Comment se fait aujourd’hui le lien entre différentes classes d’âge ? Ce dossier coordonné par Marcel Hénaff montre que si, dans les sociétés traditionnelles, celles-ci se constituent dans une reconnaissance réciproque, dans les sociétés modernes, elles sont principalement marquées par le marché, qui engage une dette sans fin. Pourtant, la solidarité sociale entre générations reste possible au plan de la justice, à condition d’assumer la responsabilité d’une politique du futur. À lire aussi dans ce numéro : le conflit syrien vu du Liban, la rencontre entre Camus et Malraux et les sports du néolibéralisme.