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Notes de lecture

Dans le même numéro

La naissance de l’écoféminisme

avril 2022

La publication tardive en français de The Death of Nature, de l’universitaire américaine Carolyn Merchant, témoigne d’une réticence nationale à l’égard de l’écoféminisme, qui trahit la méconnaissance de ce mouvement. L’autrice propose de déconstruire les histoires qui ont mené à l’exploitation de la nature et à l’aliénation des femmes.

La philosophe et historienne des sciences Carolyn Merchant faisait paraître en 1980 The Death of Nature, qui marqua la production scientifique de la fin du xxe siècle, dans le domaine de la philosophie des sciences, de l’histoire des idées et dans le champ naissant des études féministes et écologistes. L’ouvrage est né de trois articles qu’elle a rédigés dans les années 1970, alors qu’elle était professeure au département de physique et de sciences naturelles de l’université de San Francisco. Ces articles témoignent d’intérêts croisés pour l’histoire des femmes, la révolution scientifique et l’avènement du mécanisme, ainsi que pour des mouvements de pensée alternatifs allant de la magie aux utopies des âges classiques et modernes. On comprend dès lors l’originalité de cet ouvrage, qui aborde une multiplicité de sujets liés les uns aux autres par une dense production théorique et historique. On le lit tantôt comme un récit historique sur le passage d’un ordre organique à un ordre mécanique, associé aux formidables bouleversements qui actèrent le passage d’une économie féodale communale à une économie capitaliste extractiviste, tantôt comme un rapport ardu sur l’état des sciences des xvie et xviie siècles.

La parution de The Death of Nature s’accompagna de très nombreuses critiques. Dans sa préface, Carolyn Merchant rapporte s

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Wildproject, 2021
454 p. 25 €

Judith Bastie

Judith Bastie, doctorante en philosophie politique à l’Université de Paris (LCSP), consacre une thèse au « végétal ». S’inscrivant dans une tradition d’épistémologie historique française, elle s’intéresse aux modalités de connaissance des plantes, et plus particulièrement aux discours contemporains sur les questions de végétalité.…

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En Ukraine et en Russie, le temps de la guerre

L’invasion de l’Ukraine en février 2022 a constitué un choc immense pour l’Europe et le monde. Elle s’inscrit néanmoins dans une forme de continuité, qui a vu le régime de Poutine se faire toujours plus répressif à l’intérieur de ses frontières, et menaçant à l’extérieur, depuis au moins 2008 et l’affrontement militaire en Géorgie, l’annexion de la Crimée en 2014 marquant une nouvelle étape dans cette escalade. Constitué en urgence en réaction au déclenchement de la guerre, le dossier de ce numéro interroge ses premières conséquences. De quelles manières les sociétés ukrainienne et russe font-elles face à la guerre ? Comment résister à la vaste opération de révisionnisme historique engagée par le régime de Poutine, dont témoigne la répression de toutes les sources indépendantes d’information, mais aussi de recherche et de connaissance ? En Ukraine, sur quelles ressources la résistance peut-elle compter ? En Russie, une opposition parviendra-t-elle à se constituer, malgré la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays ? À lire aussi dans ce numéro : la justice entre les générations, le fascisme du dedans, la politique de Lévi-Strauss, la médecine contre les robots, une autre histoire de la racialisation et la naissance de l’écoféminisme.