Pour une archéologie de la Seconde Guerre mondiale de Vincent Carpentier


Ce livre tient de l’éloge de l’archéologie préventive, sans laquelle l’essentiel de la matière analysée n’aurait jamais été retrouvé. L’auteur, spécialiste de l’archéologie du débarquement de Normandie, y consacre les meilleures pages de l’ouvrage, sur la recherche des installations logistiques installées par les forces alliées, en particulier les ports temporaires et les ponts démontables. Il évoque la fragilité des traces des combats sur les plages aujourd’hui, le vent, le sel et l’érosion ayant presque entièrement effacé les balles et les métaux. Les passages sur les recherches des restes humains, la redécouverte des camps de prisonniers ou des installations de travail forcé, et contre la marchandisation des équipements militaires retrouvés, sont plus sensibles. Sans frontières, l’auteur propose de parcourir tout le mur de l’Atlantique, s’intéresse aux vestiges des défenses anti-aériennes. Les lecteurs sensibles à la cause écologique parcourront avec inquiétude l’étude des épaves gisant dans les océans depuis bientôt quatre-vingts ans avec leurs marchandises, souvent des hydrocarbures dont l’écoulement représenterait de terribles marées noires… Le sujet jeune de l’ouvrage se transforme ainsi en un enjeu patrimonial et environnemental pour les années à venir, sur un conflit qui devient de plus en plus patrimonial et de moins en moins connu. Vincent Carpentier invite donc les décideurs et les publics à découvrir ce large champ d’études.

La Découverte, 2022
368 p. 24 €