Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Le tournant délibératif de la démocratie sous la dir. de Loïc Blondiaux et Bernard Manin

décembre 2021

Si la délibération et surtout la participation infusent dans le débat public depuis plusieurs années, jusqu’à l’actualité des conventions citoyennes, les débats académiques à leur propos sont plus anciens. L’ouvrage collectif dirigé par Loïc Blondiaux et Bernard Manin vient en présenter l’actualité et les évolutions de la théorie, volontiers rassemblée ici autour d’un « noyau d’idées centrales relativement stables ». Une deuxième phase, depuis l’actualité politique et pratique de la délibération des années 2000, inclurait les mini-publics délibératifs au paysage plus vaste de la démocratie libérale, afin d’en achever la transformation par-delà la seule représentation parlementaire, mais aussi avec elle. On réalise alors la diversité de ces travaux, y compris méthodologiques, ce qui est bien montré ici avec des approches à la fois théoriques et empiriques. L’accent est mis sur la délibération, comme le titre l’indique, plutôt que sur la seule participation : c’est bien la construction et la circulation des argumentations dont il s’agit, même si l’élargissement de la délibération la rapproche des modalités participatives.

Les trois premières parties font appel à des auteurs de référence, qui présentent la deuxième phase de la théorie : Jane Mansbridge (avec d’autres, sur une approche systémique), Jon Elster (sur l’expression des préférences), Mark Warren (sur les « corruptions » du discours politique, souvent associé au mensonge et à la tromperie) et

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Presses de Sciences Po, 2021
336 p. 26 €

Matthieu Febvre-Issaly

Doctorant en droit public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Matthieu Febvre-Issaly est spécialisé en droit constitutionnel comparé et en théorie du droit.

Dans le même numéro

Un monde en sursis

Le changement climatique a donné un nouveau visage à l’idée de fin du monde, qui verrait s’effondrer notre civilisation et s’abolir le temps. Alors que les approches traditionnellement rédemptrices de la fin du monde permettaient d’apprivoiser cette fin en la ritualisant, la perspective contemporaine de l’effondrement nous met en difficulté sur deux plans, intimement liés : celui de notre expérience du temps, et celui de la possibilité de l’action dans ce temps. Ce dossier, coordonné par Nicolas Léger et Anne Dujin, a voulu se pencher sur cet état de « sursis » dans lequel nous paraissons nous être, paradoxalement, installés. À lire aussi dans ce numéro : le califat des réformistes, la question woke, un hommage à Jean-Luc Nancy, la Colombie fragmentée, la condition cubaine selon Leonardo Padura, et penser en Chine.