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Notes de lecture

Dans le même numéro

Pour l’inter-sectionnalité d’Éléonore Lépinard et Sarah Mazouz et Beurettes. Un fantasme français de Sarah Diffalah et Salima Tenfiche

janv./févr. 2022

Ces deux livres sortis au même moment ne pourraient être plus différents dans leur approche et plus proches dans leur sujet. La journaliste Sarah Diffalah et la chercheuse en cinéma Salima Tenfiche réunissent des témoignages sur le « fantasme français » de la beurette, d’abord issu de la pornographie, mais qui enferme aujourd’hui les femmes d’origine maghrébine dans un réseau serré d’attentes et de projections. On voit en elles la soumission rigide du voile islamique, la colère masculinisée de la fille des quartiers, la salope débridée ou la femme d’affaires jetée à pleine allure dans les excès modernes. Les témoignages passionnent parce qu’ils montrent le jeu de ces différents fantasmes (et souvent leur coexistence) dans les questions intimes que se posent les femmes interrogées (sur le corps, le sexe, l’amour, les références culturelles, la religion, etc.). Les deux autrices reprennent souvent la main pour inscrire les récits dans les imaginaires populaires et divers travaux universitaires : c’est autant la dénonciation d’une catégorisation que la revendication d’une double culture difficile, car marquée par un double rejet.

Avec un ton résolument scientifique, Éléonore Lépinard et Sarah Mazouz présentent le concept d’intersectionnalité dans la collection de courts formats « Le mot est faible » que publie la maison d’édition Anamosa. Les deux sociologues mettent en avant la diversité des productions scientifiques sur le sujet en les historicisant, avec un

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Matthieu Febvre-Issaly

Doctorant en droit public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Matthieu Febvre-Issaly est spécialisé en droit constitutionnel comparé et en théorie du droit.

Dans le même numéro

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.