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L’autre 68

Leçons du Printemps de Prague

Cinquante ans après le Printemps de Prague, l'engagement pour les libertés de Vaclav Havel et sa génération doit nous inspirer le courage de défendre, à notre tour, la démocratie européenne.

Au premier plan, une montre. Elle est attachée au poignet d’un homme qui surplombe la place Venceslas. Nous sommes à Prague, le 22 août 1968. La veille, les chars du Pacte de Varsovie sont entrés dans le pays pour écraser l’élan de libertés né au printemps. Ce 22 août, la rumeur d’une manifestation parcourt la ville. Un piège, vraisemblablement, pour justifier l’invasion. Les pragois sont avertis : à l’heure du rendez-vous, il n’y a personne. La montre de l’homme - c’est le photographe - indique midi. La place Venceslas est vide. 

Cinquante ans après le Printemps de Prague, la célèbre photo de Josef Koudelka dit encore ce que fut 1968 dans ce qu'on appelait « l’Est », entre recherches d'un socialisme « à visage humain » et brutale réalité du totalitarisme. Un contexte où ne pas se rendre à une manifestation pouvait aussi être un acte politique. 

Cet « autre 68 », bien différent du bouillant Mai parisien – ou berlinois –, reste encore mal compris en Europe de l’Ouest. Plein de « lyrisme révolutionnaire », selon l'expression de Milan Kundera, Paris enflammait la « vieille société »pour la renverser radicalement[1]. À Prague, on aspirait à desserrer l’emprise du Parti-État. On ne considérait pas les élections comme un « piège à cons » ni les « libertés formelles » comme « bourgeoises ». Kundera écrira que « l’étudiant parisien regardait vers Prague avec méfiance (ou plutôt avec indi

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Alexis Prokopiev

Maître de conférences en économie publique à Sciences Po Paris, Alexis Prokopiev est également co-fondateur de l'association Russie-Libertés et co-auteur de Les autres visages de la Russie (Les Petits matins, 2015).