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Barthélémy Toguo, Partage VII (2020) © Barthélémy Toguo / Courtesy Galerie Lelong & Co. & Bandjoun Station
Flux d'actualités

L'humanité partagée de Barthélémy Toguo

Partages de Barthélémy Toguo, Galerie Lelong & Co. (Paris), du 9 septembre au 23 octobre 2021

octobre 2021

L'exposition Partages, conçue par le plasticien franco-camerounais Barthélémy Toguo, propose une série de collages qui confronte, avec un sens aigu du contraste, la froideur de l’imagerie coloniale à des portraits insouciants du quotidien. Malgré une relative économie de moyens, l'artiste parvient à mêler diversité des techniques, unité des motifs picturaux et volonté d’engagement politique.

Dans la première salle d’exposition, sur le grand mur intérieur à droite de l’entrée, s’alignent en deux rangées quatorze portraits de petit format dessinés, superficiellement caractérisés, et que l’on pourrait croire croqués sur le vif ou plutôt reconstitués de mémoire, combinant plusieurs visages pour composer un type. Il s’agit d’hommes, de femmes, de petits garçons, souriant pour la plupart et dont les traits sont rehaussés ici et là par une touche de bleu qui accuse les ombres d’un visage ou le pli d’un vêtement. Ce que l’on perçoit dans un second temps, sans d’ailleurs cesser de voir la série des portraits, c’est qu’à l’intérieur de chacun des cadres une image recouvre une partie du fond – par-dessus laquelle le visage est dessiné. En s’approchant, on distingue des images coloniales à vocation ethnographique, en noir et blanc ou en sépia, datant de l’Afrique équatoriale française. Sans tambour ni trompette, cette série de portraits (Bilongue) retient l’attention tant par sa qualité d’exécution que par le jeu de contraste du collage, qui fait passer insensiblement de la froideur de l’imagerie coloniale à ces portraits insouciants, quotidiens. Ainsi des yeux rieurs de ce petit garçon qui tranchent avec l’artificialité d’un sultan à cheval environné d’une assemblée d’hommes qui posent avec gravité ou de la sérénité joyeuse de cette femme coiffée d’un turban avec les visages fermés d’un chef de Bana et des serviteurs qui l’entourent. 

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